Après un plan social drastique prévoyant le départ de plus de 1500 employés sur deux ans, la compagnie Royal Air Maroc (RAM) va entamer une sévère cure d’amaigrissement pour reprendre de la voilure face à une féroce concurrence féroce des compagnies low-cost. La RAM va vendre une dizaine d’appareils et rajeunir en même temps sa flotte.
Selon un responsable de la compagnie, le plan de redressement ‘’technique’’ prévoit notamment une profonde réforme de ses activités ‘’air’’ et ‘’sol’’ pour réduire ses coûts à un moment où les pertes financières quotidiennes sont estimées à plus de 20 millions de dirhams. Des coupes sévères sont ainsi prévues pour réduire la flotte de la compagnie, selon M. Abderrafie Zouiten,, directeur général adjoint de la RAM. La RAM dispose de 54 avions dont 4 Airbus 321, et différents modèles de Boeing. Dix avions au moins seront vendus, dont les 4 Airbus, 5 Boeings 737-500 et un B- 767. L’opération de vente de ces avions sera, selon M .Zouiten, cité par l’hebdomadaire LaVieEco, finalisée prochainement. Objectif : réduire les coûts d’exploitation et, en même temps, rajeunir la flotte par la commande de deux appareils de type B-737-800. La compagnie vise également moins de charges sur les coûts de maintenance des avions en ramenant leur âge à moins de cinq ans. Des économies d’échelles qui devraient renforcer par ailleurs, selon le DGA de la RAM, les autres mesures ‘’au sol’’ pour réduire les dépenses inutiles.
Réduire le cout par siège de 20%
La RAM, qui utilise déjà depuis plus de cinq ans le système électronique de vente de billets (par Internet), compte se ‘’soulager’’ de bureaux commerciaux en France notamment, et au Maroc. La compression du personnel naviguant commercial et au sol avec la réduction du nombre d’appareils va s’étendre aux représentations commerciales. Seules les agences de Paris et Marseille seront maintenues pour la gestion des vols par zones commerciales dans l’Hexagone. Au Maroc, la même ‘’technique’’ sera reconduite avec le maintien des agences de Rabat et Casablanca avec leurs personnels. C’est, selon M. Zouiten, les grands chantiers de la RAM pour reprendre de la voilure, avec en perspective la réduction de 20% du coût par siège dans un délai de cinq années et l’abandon de certaines dessertes non rentables qui ne transitent pas par le Hub de Casablanca. Le plan de redressement de la RAM a été détaillé début août, avec le départ de 1.560 salariés pour redresser la « situation critique » dans laquelle elle se trouve depuis début 2011. « Ce plan social offre pour la période 2011-2013 le départ de 1.560 employés dans des conditions avantageuses » dans le but de « redresser et de développer » la compagnie, avait indiqué un communiqué de la direction de la RAM.
Le plan social prévoit notamment de renforcer « l’accès à une retraite convenable pour tous les agents âgés de 45 ans et plus ». Si la compagnie « ne mettait pas en œuvre les mesures de restructuration internes sur lesquelles le conseil d’administration s’est engagé, aucun soutien durable de l’Etat ne pourra être sollicité ni même envisagé », a par ailleurs averti le patron de la compagnie, Driss Benhima. En plus des pertes sèches hebdomadaires estimées à 20 millions de dirhams induites par une hausse de 42% de la facture carburant depuis début 2011, les effets ‘’géopolitiques’’ liés au « Printemps arabe », et la baisse (11%) du trafic, « l’invasion » des compagnies low cost a assombri un ciel déjà noir pour la RAM. La compagnie est obligée de serrer la ceinture pour traverser l’une des pires zones de turbulences depuis sa création en 1958.


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