Le package élargi au mouton fait recette

Autres temps, autres mœurs. Le temps où la semaine de l’Aïd marquait la période de fermeture annuelle des hôtels est bien loin.
A quelques exceptions près, la plupart des établissements affichaient complet. Cette année, encore un peu plus avec des vacances scolaires plus longues que d’habitude (une semaine pour l’école publique et cinq jours pour les missions étrangères, en plus des «offres famille», plus affinées pour l’occasion. Les deux destinations phares, Agadir et Marrakech, inscrites en hausse avec une croissance exceptionnelle des nuitées de 33 et 28% respectivement à fin septembre dernier, ont rivalisé d’initiatives.
La plupart des hôtels 4 étoiles qui proposaient des prix compris entre 200 à 400 DH par personne en chambre et petit déjeuner ou demi-pension avec un supplément de 150 à 200 DH pour la trouvaille du moment «l’open Aïd» ont fait recette. Trouvaille consistant à partager entre clients des barbecues party autour de moutons sacrifiés selon le rituel musulman. D’autres établissements proposent la même offre sacrificielle et un hébergement à des tarifs dégressifs en fonction de la durée du séjour.
Globalement, les hôtels classiques ont tiré leur épingle du jeu, en mettant le paquet sur des offres promotionnelles. La formule estampillée famille séduit. Les 45.000 lits classés de la ville ocre ont tous trouvé occupant, ou presque, le temps de la semaine de l’Aïd. Un rendez-vous désormais au calendrier des hôteliers, qui attire une clientèle peu habituée à ce genre d’hébergement. A noter que seuls les exploitants de riads classés, près de 6.000 lits à Marrakech, avaient la mine des mauvais jours. C’est la période creuse pour leur offre ciblant plutôt les couples sans enfants, personnes retraitées.
La compétition était moins accentuée à Agadir, qui a moins de lits promotionnels à mettre sur le marché. D’ailleurs, à en croire le directeur général de l’hôtel Royal Atlas, Salaheddine Benhamane, également président de l’AIH locale (Association de l’industrie hôtelière), «les professionnels se sont plutôt contentés des promotions habituelles, en favorisant les formules packages en ces périodes de vacances scolaires et fêtes». L’hôtellerie classée d’Agadir est à peine 26.000 lits. Pour le président de l’AIH, «avec l’ouverture de l’autoroute du Sud, les choses sont beaucoup plus faciles pour des touristes nationaux; leur fréquentation s’est fortement accrue». Conjuguée aux congés scolaires et la facilité d’accès offerte par l’autoroute, la fête de l’Aïd a forcément eu un effet sur la destination. «Depuis juillet dernier, la station du Souss flirte avec un taux de croissance à 2 chiffres, vacillant entre 20 et 25%», se réjouit Benhamane. En septembre, ce taux avait atteint 42%. Selon lui, ce trend positif devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année. Fait nouveau! Agadir n’est pas une destination prisée en période de fin d’année.


Formule «all inclusive»

Les formules «all inclusive» ou tout compris, revues et corrigées à l’occasion de la fête, proposées notamment par les clubs, ont fait recette.
Ainsi, Club Agdal Medina de Marrakech, commercialisé sous l’enseigne du groupe Kenzi, a également refusé du monde. Idéalement situé au milieu de 10 hectares d’oliviers centenaires et au pied de l’Atlas, dans le quartier d’Agdal, le club (314 chambres de 2 à 3 lits dont 60 suites juniors repartis sur 9 riads) a affiché complet. Un succès commercial de cette nouvelle destination famille ouverte en mars dernier, qui, selon Abdellatif Kabbaj, président du groupe Kenzi, tiendrait de la formule «tout est inclus, même le bonheur».
Selon toute vraisemblance, l’engouement pour les établissements classés de Marrakech et Agadir ira grandissant. Car, en plus de la mutation profonde de la société marocaine notamment la structure familiale, le débat sur certains rituels se font jour, plus aisément. De plus, sans avancer des statistiques avérées, de plus en plus de familles marocaines modernes s’affranchissent de certains rituels, à la faveur d’un débat sociologique plus prononcé. L’autre phénomène accentuant la fin «annoncée» de ces rites, c’est le développement des résidences secondaires. De nombreuses familles fortunées s’offrent des pied-à-terre à Marrakech, Agadir, Tanger, Essaouira pour des retraites, le temps des vacances scolaires surtout, pour se soustraire des pollutions urbaines.

Bachir THIAM

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